Faut-il supprimer votre service Communication ?

« Bonnes résolutions 2016 : Faut-il supprimer votre service Communication ? ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que le très institutionnel magazine « La lettre du cadre territorial » n’a pas raté n la Une ni le titre de son premier numéro de l’année. Une façon très personnelle de souhaiter les meilleurs vœux à l’ensemble des dircom de ce pays mais aussi, avouons le, un sens aigu de l’accroche et de la séduction. Toutefois, derrière ce titre un peu provocateur se cache un dossier bien ficelé et très intéressant.

20160216_113654L’histoire récente nous l’a montré. Plus fortement encore que par les années passées, l’arrivée du FN dans certaines mairies a mis sur le devant de la scène des communications agressives, voire trompeuses. Le dernier en date étant le journal municipal d’Hénin-Beaumont, qui sans vergogne utilise les deniers publics pour attaquer la presse locale (d’autres diront pour se défendre). Cette communication là qui sert uniquement l’intérêt personnel des élus, populiste et propagandiste, mérite qu’on s’y attarde. Les communicants publics réunis à Tours en décembre pour  le congrès Cap com ont abordé cette frontière tenue entre communication publique, politique et propagande. Ces dérives frontistes, à Hénin comme à Béziers d’ailleurs, ont mis un coup de projecteur fort sur une des difficultés majeures de notre métier. Je vous invite à relire ici l’excellente lettre ouverte de notre maître à tous , Marc Thébault, aux communicants bitterois, coupables à ses yeux non pas seulement d’être devenue une direction de la propagande mais bien de falsifier la réalité.

Moi, j’en ai un peu ras le bol qu’on assimile notre métier à ceux qui font ces escroqueries de communication, ceux qui participent à mélanger les genres, à tout confondre. J’en ai un peu marre aussi qu’on confonde dircom et spin doctor. Ces derniers ne sont pas du même monde. Malheureusement, quand un remaniement de gouvernement ressemble uniquement à un coup de poker politique, on peut craindre que l’image du communicant public ne s’arrange pas. Quand un élu demande d’abord l’avis d’un expert de la communication avant l’expert technique, le bât blesse. Le communicant doit être au cœur des décisions pour les accompagner, pas pour les prendre.

 

Car justement la communication publique, ce n’est justement pas cela. Notre rôle est bien d’expliquer la réalité, d’accompagner les changements, de faire évoluer les comportements. Nous avons toujours plus à expliquer aux citoyens. Notre but n’est pas de vendre de la soupe, mais d’expliquer à la fois le fonctionnement des institutions, les tenants et aboutissants qui amènent aux décisions politiques. Ce n’est pas de la basse magouille politicienne, c’est de la communication au sens le plus noble du terme, et au regard des sujets traités, il faut beaucoup de pédagogie, de créativité et surtout de patience.

 

Je milite donc, vous l’avez compris pour un maintien des services communication 😉 Des services qui doivent bien entendu évoluer face aux évolutions des usages médias, face à la complexité des sujets, face) la révolution numérique et surtout face , et je dirai plutôt aux cotés de citoyens plus engagés, plus collaboratifs, plus participatifs. Parce que plus que jamais, la communication territoriale ne peut plus être uniquement descendante. Quoi qu’en pense les propagandistes !

 

 

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