Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla – Jean Christophe Rufin

C’est une Histoire. Une Histoire avec le plus grand H qui soit. Après la mode (et j’y ai succombé) de l’autofiction, voici le retour des vraies et belles histoires, celles dont on a envie d’en faire des films. Les sept mariages d’Edgar et Ludmilla, de Jean-Christophe Rufin  en est une. Tragique, flamboyante, mélancolique, heureuse.. j’oserai dire romanesque ! Mais gare, l’autofiction n’est quand même pas si loin que ça – en tout cas au moins dans l’idée – car l’auteur a lui aussi quelques  mariages à son actif, 4 pour être précis,  dont trois avec la même femme ! « L’aveu, chez moi, prend toujours le masque de la fiction » écrit-il d’ailleurs dans la préface. 

edgar et ludmilla

Pour faire très simple, l’Histoire est celle d’un petit jeune arrivant à Paris et voulant réussir sa vie. Il profite de belles rencontres parisiennes pour “s’offrir” un roadtrip (c’est ce qu’on dirait aujourd’hui) dans des contrées éloignées de l’ex-URSS (qui n’est pas ex d’ailleurs à la date du récit) et là, dans un village perdu, il  tombe follement amoureux – et réciproquement ce qui tombe bien- d’une jeune femme nue perchée dans un arbre. 

Très accompagné sur place par des sbires de l’état, il ne peut aller plus loin, mais le regard de Ludmilla ne le quittera plus. «En vérité, c’est son regard qui l’a frappé au cœur» et Il fera tout pour venir la rechercher, l’amener en France et l’épouser. Ce qu’il fera. 7 fois donc. Et entre ce dernier mariage et cette 1ère rencontre est racontée les montagnes russes que vivent ce couple, entre amour et désamour, entre colère et passion, entre trahison et complicité. Il s’en passe énormément. Franchement, je peux pas tout raconter ici 😉 

-Que ceux qui sont contre les smileys dans les critiques s’arrêtent ici – 

Dans ce récit hautement romanesque, haut en couleurs voire pittoresque,  Jean-Christophe Rufin aime à nous faire douter. Et si cette histoire était vraie ? Et si elle s’inspirait vraiment de gens célèbres ? A un moment, on pourrait penser que Bernard Tapie est peut-être derrière Edgar, mais au cours du récit, celui-ci rencontre Bernard Tapie. Et puis Edgar n’a jamais été chanteur, et Tapie jamais photographe pour Paris Match (enfin ça c’est à vérifier). Quoi qu’il en soit, on baigne dans l’actualité économique, culturelle, artistique du siècle dernier, les premières dérives du capitalisme, les restes d’une autre époque, les vestiges d’un paris disparu…  (euh non ça se serait du Modiano, je m’égare…) 

Et ce sans jamais s’ennuyer ! Enfin, c’est mon avis et il n’est pas partagé d’ailleurs par tout le monde car j’ai lu quelques critiques qui évoquait cela. Mais moi personnellement, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde, avide de savoir à quelle sauce cet amour allait-il être mangé, quels seraient les prochaines idées farfelues d’Edgar, les miracles de résurrection de Ludmilla et surtout comment cet amour allait-il survivre ? Car c’est évidemment cela le sel de cette aventure: le miracle de l’amour. Cet étrange lien qui unit deux êtres jusqu’au bout du bout, malgré les épreuves de la vie. 

Franchement, c’est beau à en pleurer. Ca fait du bien.  Ne passez pas à côté. 

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