Communication : plus rien ne sera jamais comme avant

Dans un récent point de vue, Jean-Luc Letouzé, président de l’association Communication & Entreprise écrivait :  » Désormais, tout le monde peut émettre et tout le monde peut recevoir, et il va nous falloir 100 ans pour en comprendre les impacts« . 
Les communiquants  que nous sommes , des entreprises, des collectivités, des associations, allons essayer de mettre en peu moins de temps, mais toutefois, il ne sera pas simple en effet d’appréhender ce changement fondamental de notre métier, cette révolution brutale qui fragilise les statégies que nous devons bâtir. Qu’il est loin le temps où le « porte-parole » de l’entreprise, le dircom de la collectivité, prêchait seul devant tous ceux qui pouvaient l’entendre. 
Bien sûr, chacun pouvait s’exprimer, témoigner devant la presse, envoyer un courrier ou deposer un bulletin dans la boite à bonnes idées du supermarché, mais la capacité à interagir avec l’émetteur (la marque, la collectivité) était plus complexe et moins visible.  
Aujourd’hui, la parole d’un client , d’un usager, d’un citoyen, d’un collaborateur a autant de poids que celle du prêcheur officiel. Il suffit d’utiliser le bon hashtag ! 😉 Cette facilité pour dénoncer, condamner, critiquer impose une nouvelle conduite à tenir pour le communiquant. Plus de transparence bien sûr, et même de la sincérité (et oui !) mais aussi et surtout plus de pédagogie, de souplesse et enfin une manière moins descendante. 
Beaucoup ont parlé ces dernières années de « perte de pouvoir » , j’ai toujours pensé que le terme n’était pas le plus adapté. Je parlerais plutôt de « perte de contrôle ». Le communiquant aujourd’hui doit accepter d’être devancé, d’être critiqué, d’entrer dans une conversation qu’il n’a pas souhaitée ou qu’il ne mène pas. Nos rôles changent. Nous ne batissons plus des plans de communication, mais produisons les contenus et les discours adaptés qui doivent nous permettent au mieux de piloter la communication, au pire d’éviter la sortie de route. 
Plus que jamais nous devons être dans nos rues ,  dans nos magasins, chez nos clients pour mieux écouter nos publics . Nous devons en permanence être sur facebook ou twitter à l’affût de ce qui se dit, ce qui se trame, ce qui fait réagir. J’entends encore trop de managers de comm demander à leurs équipes ce qu’elles fichent sur Facebook !! J’entends trop d’étudiants de comm évoquer des cours où on leur parle d’une communication dépassée, démodée, archaique. Je vois aussi des journalistes se plaindre que ça ne fonctionne plus comme avant alors qu’ils sont les premiers à avoir fait évoluer leurs modes de recherche et de collectes d’informations.  Trop de communiquants se refusent à voir ou plutôt à admettre que plus rien ne sera jamais comme avant.  Nous devons accepter de perdre nos monopoles, accepter que la communication ne sera plus jamais descendante. 
Dans cette nouvelle façon de faire, le principal enjeu sera de réussir à donner du sens dans un monde où une info en chasse une autre à la vitese de l’éclair, réussir à « mener la conversation » alors que nous sommes confrontés à une communication de plus en plus dense , de plus en plus rythmée, et où la succession effrenée des informations nous amènent le plus souvent à être prisonnier d’une comm de réactivité, voire d’urgence.  
Cela nécessite de nouvelles organisations, de nouvelles méthodes de travail , de nouvelles fonctions où la gestion des flux, la production de contenus et le community mangement seront non plus fondamentales mais vitales dans un service comm. 
Et nous, managers, avons le devoir , de ne pas attendre 100 ans ! 😉 

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