Les RP ont-elles un avenir ? je m’invite au débat

Les RP ont-elles un avenir ? C’est le débat passionnant auquel nous invite le dernier numéro de Marketing Magazine. Il réunit autour de 2 tribunes Nicolas Narcisse ( @nnarcisse ) cofondateur de l’agence de RP agence Elan et auteur de « le devoir d’influence » qui répond « Oui ! » et Robert Philips (@citizenrobert ) cofondateur du cabinet Jericho Chambers, auteur de « Trust me, PR is dead » qui répond manifestement « Non ! ».

Modeste Dircom que je suis, je n’ai bien sûr pas été invité au débat public 😉 .. mais je m’y invite donc par le biais de ce blog, parce que c’est aussi à cela que sert un blog : participer à des débats où on ne nous a pas demandé notre avis.
D’autre part, ancien étudiant et aujourd’hui intervenant de l’Ecole Française des attachés de Presse, je me dois d’apporter ma pierre à l’édifice sur ce sujet complexe et néanmoins passionnant. L’intro est faite. Passons au sujet.
I want you oncle sam

D’emblée, je préfère vous dire : sur le fond, les deux ont raison. Robert Philips (qui répond « non ») part du principe que les RP sont une méthode ancienne, archaïque, moyen d’un monde où la communication était descendante, hiérarchisée, j’oserai dire autocratique. Dans le nouveau monde d’aujourd’hui, les Responsables Marketing ont perdu le pouvoir et c’est le consommateur, le citoyen qui contrôle tout.
Alors, bien sûr, je dis que tout cela est en partie vrai, et je défendais d’ailleurs cette idée dans un post récent. Evidemment que les réseaux sociaux ont tout chamboulé. Bien sûr que la possibilité pour le lambda de faire paraître une information aussi capitale que celle de l’autorité a bouleversé nos métiers. Toutefois, je ne suis pas d’accord avec cette idée de la « perte de pouvoir ». Je crois encore en la possibilité des marques, celles qui ont en elles une vraie authenticité, de raconter aux yeux du plus grand nombre leur belle histoire. Nous ne ferons plus passer des vessies pour des lanternes. Certains pensent que c’est encore possible, notamment en politique, mais cette période là est forcément bientôt révolue.

Je rejoins donc plutôt l’avis de Nicolas Narcisse qui pense que les RP peuvent aider les marques à structurer leur contenu, à faire émerger les histoires qui intéressent les gens, toutes ces petites choses qui sont dans l’adn des marques, dans le cœur des hommes de l’entreprise, et qui sont trop souvent cachées. Je crois en la possibilité des entreprises de lancer des conversations, de participer aux discussions et de susciter de l’intérêt.

Alors oui, dans ce nouveau monde des RP, jetons en effet aux oubliettes le carnet magique de l’Attachée de Presse qui connaissait le tout Paris. Inutilisable de toute façon puisqu’un journaliste ne garde aujourd’hui jamais très longtemps le même numéro de portable 😉 J’ai eu moi-même une boss à la fin des années 90 qui a fait toute sa carrière comme ça. Et déjà, en 2000, ça ne fonctionnait plus très bien : has been, dépassé. C’était les RP paillettes, les RP où vous organisiez un bon voyage, un bon gueuleton, deux trois bisous bisous… et cela générait du contenu. Une forme de monde merveilleux pour les sociétés fortunées.
De l’eau a coulé dans les cocktails… les entreprises cherchent des économies, les journalistes aussi , ils trouvent l’info autrement et les gens n’ont plus absolument besoin des communiquants pour avoir de l’info.

Par contre, je crois à la capacité des communiquants que nous sommes à professionnaliser jour après jour ce métier, à être en mesure d’apporter les informations fiables, crédibles, authentiques à des consommateurs ou des citoyens qui l’exigent.
Et ce ne sont pour autant pas des RP qui s’exonèrent du lien humain. Le lien de confiance entre le journaliste (et in fine le citoyen) se gagnera par la valeur de ce travail et par la sincérité à générer et à modeler un contenu utile et pertinent.

Je crois donc pour ma part que les RP ont un avenir, oui , mais fondamentalement différent de ce qu’elles étaient hier et encore un peu aujourd’hui.

a voir :

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