Twitter, le tri par pertinence ou comment mieux faire accepter le native advertising

Ca bouge en ce moment chez Twitter.  Après l’arrivée progressive du paiement direct,via son bouton « Buy », le petit oiseau bleu a de nouveau gazouillé cette semaine en annonçant par un tweet et un article sur son blog, le démarrage d’une réflexion et même d’un test chez certains utilisateurs visant à intégrer une once de pertinence dans un tri du fil historiquement chronologique.

Les fidèles de la première heure et les ayatollahs réfractaires à tout changement crient au scandale (ils ont le scandale facile) en prétextant que la pertinence vient du choix même par l’utilisateurs des fils qu’il veut suivre. Pas faux, mais Trevor O’Brien , un des dirigeants de twitter, rétorque « Dans beaucoup de cas, les meilleurs tweets viennent de gens que vous connaissez ou dont vous avez entendu parler . Mais parfois vous pouvez manquer des tweets que vous auriez aimé voir » .

Derrière la bonne conscience du « on fait ça pour vous » se cache bien entendu le légitime besoin de séduire absolument et progressivement les annonceurs puisque c’est une des seules façons d’aller chercher une rentabilité.

La volonté de twitter est d’aller lentement mais sûrement vers une timeline qui servira aussi l’intérêt des annonceurs sans brusquer celui de ses utilisateurs. Un équilibre difficile à trouver bien entendu, et qui passera aussi par une net développement de son algorithme, qui aujourd’hui, laisse encore à désirer. il suffit de constater l’actuelle faiblesse actuelle  de l’onglet « découvrir » qui arrive rarement à coller à nos attentes pour s’en persuader.  Les tests en cours vont servir à cela.

Quand les fans de twitter réfractaires au changement s’insurgent, ils oublient le formidable potentiel médiatique et publicitaire de Twitter qui dispose d’une audience parfaitement qualifiée et qui peut se targuer de connaître formidablement bien ses membres. En y mettant nos états d’ âmes, nos colères politiques, nos coups de cœur culturels, en retweetant nos articles favoris, par nos abonnements à nos artistes ou marques préférés, en commentant, en mettant en  favoris, en précisant nos hashtags,  nous utilisateurs de Twitter , rarement anonymes, nous nous donnons à cœur ouvert aux experts du média planning.

Finalement, Twitter avait déjà mis des tweets d’inconnus dans votre Timeline. « Inconnus » façon de parler puisqu’il s’agissait de grande marques principalement , par le biais des tweets sponsorisés, un format publicitaire qui s’apparente à du native advertising, c’est a dire une publicité introduite dans un flux de contenu, et dont la nature publicitaire n’est pas forcément visible au premier abord, a contrario des bannières internet traditionnelles. On connaît le débat sur ce native advertising .. Pour l’avoir testé chez Norauto, nous avons eu quelques commentaires du genre « Mais que vient foutre Norauto dans ma TL ? » mais globalement, les résultats étaient plutôt encourageants. De façon générale, les annonceurs qui s’y sont collés ne sont pas refroidis et les twittos ne le rejettent pas forcément. Il s’agit d’une publicité discrète, et qui sera d’autant plus accepté quand elle sera pertinente. On imagine fort bien l’introduction de tweets malins, discrets et pertinents  d’un vendeur de bières ou de pizzas sur la timeline d’un twittos dont on a compris qu’il allait regarder le match de foot du soir à la télé avec ses potes (excusez moi pour le cliché). Nous n’en sommes pas là, mais on y tend, tant le potentiel data de Twitter est phénoménal. Et qui sait ? le bouton Acheter pourra permettre se faire livrer ces mêmes bières en moins d’une heure à domicile avec Amazon ?!

L’arrivée de tweets d’inconnus (ou pas )en fonction des centres d’intérêts des utilisateurs dans les TimeLine rendra plus acceptable encore l’arrivée de tweets sponsorisés. J’accepte cette pub parce qu’elle s’adresse à moi, à moi seul, dans mon besoin immédiat.

Les réseaux sociaux sont des médias neufs (quoique Twitter va tout doucement vers son 10eme anniversaire quand même) et doivent évoluer très vite. C’est une condition sinequanone de leur survie. Moi aussi, je regrette parfois mon twitter des premiers mois avec quelques initiés. Sa démocratisation a généré différents désagréments dont certains sont des enjeux phénoménaux pour l’entreprise : gestion du racisme, du harcèlement etc… mais  a aussi permis d’attirer les regards d’investisseurs qui y voit un formidable moyen de business. Live is Life.

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