Les jolies choses – Virginie Despentes

On peut sans doute reprocher plein de choses à Virginie Despentes (en particulier ceux qui n’ont jamais écrit 10 lignes de leur vie), et moi-même j’ai parfois eu des moues expressives quand certains prédisaient le Goncourt à Apocalypse bébé… Mais il y a un talent qu’on doit tous lui reconnaître, c’est de savoir raconter des histoires, et n’est-ce pas l’essentiel de ce que l’on demande à un écrivain ?

les jolies choses

Avec ce roman, Les Jolies choses, écrit en 1998 (la France était championne du monde de football, ce qui n’a aucun intérêt pour cette critique), et qui avait reçu le Prix de Flore, Virginie Despentes nous fait explorer avec réussite de nouveaux territoires, et notamment celui de la gémellité.

Claudine a tout ce qu’il faut pour devenir une star, il lui manque une voix. C’est Pauline, sa soeur jumelle, qui va lui donner. Pauline, qui est tout ce que Claudine n’est pas et qui exècre le show-on. le soir où Pauline « joue » Claudine à un concert, celle-ci saute dans le vide. Immédiatement, Pauline déclare que c’est sa soeur venue de Province qui est morte et elle va occuper la place.

Derriere cette histoire de haine et d’amour se cache toutes les douleurs, toutes les traces du passé, toutes les marques d’affection qui font que les lignes de vies des jumeaux ne s’écrivent pas de la même façon que les autres.

Pauline et Claudine sont en apparence si différentes, mais au fond si proches, avec une seule et même quête : l’amour. Un amour qui est difficile à trouver et que l’on cherche parfois dans de mauvaises contrées.

Alors, revenons-y, parmi les choses qu’on peut reprocher à Despentes, c’est ce coté trash, ces scènes pornographiques, ses excès, sa critique systématique du système et aussi peut-être sa vision si négative des hommes… de toute façon, on aime ou on déteste.

Mais à titre personnel, j’ai trouvé qu’il s’agissait d’un beau roman, une descente aux enfers certes, une histoire immorale bien sûr , mais qui donne aussi la raison de croire à l’infime lumière qu’il reste à apercevoir dans chacune des vies, même les plus sombres.

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