Dis-moi oui – Brigitte Kernel 

Le roman de Brigitte Kernel est quelque peu déroutant. Je me dois d’avouer être au final quelque peu déçu et avoir même été agacé par certains passages, par certains moments où l’héroïne n’en finit plus de tergiverser : dis moi oui, dis moi non, je t’aime, je ne t’aime plus, je dois t’oublier, je dois penser à toi, je te quitte , je reste ….. bref, tout cela est parfois profondément lassant, d’autant plus qu’on l’a déjà vu des millions de fois. Et puis paradoxalement, ce livre est aussi assez attachant, et sans doute parce que la fin du roman (celle qui se déroule à Las Vegas) est nettement plus dynanique, plus drôle aussi , plus surprenante… alors qu’elle est sans suspense. Et oui, avec un sous titre du roman qui est « En amour , une seconde chance est-elle possible ? » et un dernier chapitre baptisée « Las Vegas », bon , il ne faut pas être que fin limier pour deviner l’issue de ce truc.

  
 Mais « dis moi oui » est aussi attachant simplement parce que c’est une jolie histoire d’amour ; et j’ai un vrai faible là dessus. 

L’histoire. Je fais vite : la narratrice est avec Marie – une folle- avec qui elle a trompée son ex, Léa, qu’elle aime encore. Elle veut donc la quitter. Léa, très mécontente de s’être fait tromper, vit depuis sa rupture avec Fred. La narratrice croit que Léa et Fred sont très amoureuses. Dans cette histoire arrive aussi une ex copine de lycée, son père qui décède et sa mère, une hippie qui vit en Inde et qui vient elle aussi de se faire larguer (une constante). Le tout avec en toile de fond le premier amour de Léa, une certaine Louise, reporter de guerre , et décédée dans l’exercice de son métier. 

A noter que l’arrivée de la mère dans le roman – malheureusement assez tardivement – amène d’ailleurs beaucoup de frâicheur, d’humour et de dynamisme à l’ouvrage. 

Ah oui, il y a aussi un passage avec un taxi parisien sympa. Et c’est suffisamment rare pour qu’on le souligne.

Bref, comme je vous le disais, je n’ai rien contre les histoires d’amour. Bien au contraire, je suis même fan. Et rien non plus contre les histoires d’amour homosexuelles (c’est d’ailleurs un axe de l’ouvrage : l’homophobie – ou pas – des parents : a noter d’ailleurs un joli passage de la mère s’exprimant à une écrivaine qui a écrit sur le sujet et qui lui a fait changer sa vision des choses) ; dois-je rappeler mon enthousiasme face à certaines histoires d’amour magnifiques écrites par Philippe Besson ? 

Non, rien contre tout ça…. mais là franchement, on ne passe pas un mauvais moment – loin de là – mais on s’y ennuie un tout petit peu , comme lors de ce type  de passages un peu surréalistes : 

« Eh bien ! Ces deux mots sont venus, sortis spontanément de ma gorge, mais j’aurais pu aussi commenter : Ca alors ou Ah bon ! »

 … mouais …. je vous assure, il y en a un paquet. 

Reste que Brigitte Kernel réussit quand même à nous faire voyager de Paris à Las Végas en passant par Montréal et même un peu à Pondichéry. On se prend d’affection pour les héroînes et certains passages restent savoureux:

« Un serveur s’est présenté, étaient mixés sur son visage les traits de Tom Cruise et de Nicolas Sarkozy. Drôle, me suis-je dit, il leur ressemble ! Il pourrait être leur fils commun » 🙂 
Alors voilà… je suis mitigé. c’est un roman d’été qui se lit vite, pas déagréable. Je le conseille à ceux qui aiment les histoires d’amour. Et je le conseille aussi à tous les homophobes. Car une histoire d’amour est une histoire d’amour, et c’est sans doute ça l’essentiel de ce livre. Trop de gens doutent encore de la « normalité » de ça. Dans « Dis moi oui », tout est d’une extrème évidence. 

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