Mais pourquoi le golf ne fait pas ça plus souvent ?

Dimanche matin, j’ai couru 10 kilomètres. Voilà, rien que d’écrire cette phrase, je vous avoue que je suis assez content et même assez fier parce que cela faisait quelques années que je n’avais pas couru une telle distance et que les Foulées Ludopital, que j’adore tellement, m’ont semblé être une excellente occasion de mettre fin à cette longue, très longue période d’abstinence. Au nombre de fans qui avaient bravé la pluie dimanche matin à Roubaix pour me voir, j’ai mesuré la hauteur de l’attente.

Bref, dimanche midi, littéralement épuisé par l’effort, j’avais une certitude : mon après-midi se passerait sur un canapé ! Restait à choisir ce que j’allais regarder et, en matière de sport à la télé un dimanche après-midi, on a connu plus compliqué comme problème.

J’ai choisi le golf. Plus précisément la Solheim Cup qui, pour ceux qui ne connaissent pas, est en quelque sorte la Ryder Cup des filles : tous les deux ans, les meilleures golfeuses européennes affrontent les meilleures américaines pendant trois jours. Et ce dimanche, après deux premières journées conclues sur une égalité parfaite (8-8), tout allait donc se jouer sur les douze simples.

Ajoutons à cela que mon père, bien que n’ayant pas couru 10 kilomètres le matin, était quand même installé à côté de moi sur ce même canapé et avait consenti à regarder le golf, bien qu’il n’y connaisse rien au sujet ! L’important étant surtout d’attendre patiemment Le Mans-Lens en Ligue 1 en fin d’après-midi…

J’arrête ici le teasing : mais quelle putain d’après-midi !

Du suspense partout, des matchs qui basculent, des putts de deux mètres qui prennent soudain l’importance d’un penalty à la 94e minute, des filles qui hurlent, qui pleurent,qui ragent,  qui s’enlacent, un public en feu et, au milieu de tout ça, une Française de 21 ans, Nastasia Nadaud, absolument incroyable, qui gagne son simple et termine sa toute première Solheim Cup avec trois victoires en quatre matchs.

Au bout de quelques heures, l’Europe gagne 15-13 et mon père, qui ne connaît toujours à peu près rien au golf, est autant à fond que moi. Et tant pis pour le début de Le Mans-Lens !

Alors, confortablement installé dans mon canapé avec mes jambes qui commençaient gentiment à me rappeler les 10 kilomètres du matin, je me suis fait deux réflexions.

La première est assez simple : le golf féminin, c’est une tuerie.

Oui, j’aime regarder le golf masculin, beaucoup même, mais je me demande si le golf féminin ne raconte pas encore mieux ce que j’aime dans ce sport. Évidemment, ces filles tapent très fort, très très fort même, mais suffisamment « normalement » pour que je puisse encore comprendre ce qu’elles font. Chez les hommes, la puissance est parfois devenue tellement délirante que j’ai l’impression de regarder un autre sport que celui auquel je joue. Chez les filles, je regarde davantage les trajectoires, les choix de clubs, les fers, les approches, les putts. Le jeu, quoi.

Et puis j’ai découvert cette jeune Française que je ne connaissais finalement que de nom : Nastasia Nadaud. 21 ans, une gueule, une énergie et un culot incroyables.

Ma deuxième réflexion est peut-être encore plus évidente : le golf en match-play par équipes, c’est aussi une tuerie.

Et là, j’ai une question : pourquoi n’en voit-on pas plus souvent ?

Je sais bien qu’il existe la Ryder Cup, la Solheim Cup donc, la Presidents Cup et quelques autres compétitions mais, justement, à chaque fois ou presque il se passe quelque chose. Parce que soudain le golf devient incroyablement simple : tu ne joues plus contre un parcours et 150 types dont certains sont à quatre kilomètres de toi, tu joues contre quelqu’un. Un trou gagné, un trou perdu, un trou partagé et on passe au suivant.

Le sport individuel par excellence devient un incroyable sport collectif. Et tout change.

Les joueurs regardent les autres matchs, les capitaines réfléchissent, les partenaires s’encouragent, les tribunes prennent parti. Et chacun devant sa télé, même grand connaisseur de ce sport comme mon père, comprend immédiatement les enjeux, la tension d’un putt qui doit rentrer (ou pas).

Franchement,  je suis convaincu que le golf professionnel doit faire ça plus souvent.

Le match-play est en réalité un truc assez compliqué pour les organisateurs, les sponsors et les diffuseurs. Une star peut perdre rapidement et terminer une partie prématurément, il y a de moins en moins de joueurs sur le parcours au fur et à mesure de la compétition etc etc … je vois bien les contraintes commerciales/marketing bien entendu, mais sportivement, en revanche, c’est vraiment génial ! 

Dimanche, il y avait juste deux équipes, des filles qui voulaient gagner, des spectateurs enthousiastes et des téléspectateurs enflammés sur leur canapé. De l’émotion, du suspense, des retournements de situation, des coups géniaux : le sport, quoi.

Vivement la prochaine.

Enfin… c’est justement ça le problème. C’est trop rare !!!!! 

Photo : Golfplanete.com